Que chaque tempête médiatique ne fasse pas oublier la précédente. Il est intéressant qu'un sociologue revienne à tête reposé sur une controverse récente.
«La Mauvaise Vie» ou les infortunes du désir colonial
Si la culpabilité d’hier cède aujourd’hui la place à la victimisation, on le doit sans doute à Benoît Hamon. ... le porte-parole du Parti socialiste néglige de tenir un discours proprement politique. Il aurait pu s’étonner d’entendre le ministre plaider pour une inquiétante «exception culturelle» en matière judiciaire : «Si le monde de la culture ne soutenait pas Roman Polanski, ça voudrait dire qu’il n’y a plus de culture dans notre pays.» Il aurait pu reprocher à Frédéric Mitterrand de parler au nom de la France, quand il ajoutait : «Je pense que tous les Français doivent être avec Polanski dans cette épreuve.» Enfin, il aurait pu s’indigner que le viol d’une adolescente de 13 ans, reconnu par celui qui lui avait fait ingérer alcool et drogue avant de la sodomiser, fût considéré comme «une histoire qui n’a pas vraiment de sens».
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Le ministre invoquait déjà la liberté de l’artiste pour défendre le rappeur Orelsan, banni des Francofolies en juillet. Alors que des féministes protestaient contre sa violence verbale (dans une chanson, l’auteur de Sale pute parle de «marie-trintigner» une femme), lui n’y trouvait «rien de choquant ni de répréhensible» : comparant Orelsan à Rimbaud, il jugeait «cette polémique tout à fait ridicule». Mais à l’inverse, quand un autre rappeur, Morsay, parle de «niquer la police» (municipale, il est vrai !), le même ministre déclare maintenant : «La liberté d’expression ne doit pas être le prétexte à des dérives incitant à la haine ou à la violence.» Y aurait-il une exception sexuelle - ou policière ?
[...]Via Libération
